Mesdames et Messieurs les Députés,
La loi de simplification de la vie économique (SVE) vise à alléger les procédures administratives et économiques pour les entreprises. Dans le Titre III, l’article 4 propose de rendre la plateforme de commande publique de l’État, PLACE, obligatoire pour les établissements publics, tout en offrant un accès « gratuit » à cette plateforme. Ce dispositif entrainerait des effets préjudiciables pour l’économie française sans rien résoudre des difficultés des entreprises pour accéder à la commande publique.
Selon une enquête IFOP de juin 2024, 60% des entreprises estiment que la complexité des marchés publics provient du code de la commande publique et de la lourdeur administrative des procédures de passation des marchés. L’article 4 du projet gagnerait à s’attaquer à ces problèmes plutôt qu’aux plateformes, simples véhicules de partage des dossiers de consultation et des offres en réponse.
Nombreux sont les établissements publics qui ont investi dans des outils de gestion de l'achat public. Utiliser PLACE les oblige à renoncer à ces investissements. Ce projet va par ailleurs à l’encontre du discours consistant à affirmer que les établissements publics doivent disposer d’une autonomie de gestion.
Depuis plus de 20 ans, l’État, qui s’appuie sur le secteur privé pour accompagner les collectivités dans leur transformation numérique, a encouragé les acteurs privés à investir lourdement. Il décide aujourd’hui de s'accaparer leur clientèle, les conduisant à la faillite. Cette nationalisation rampante va à l’encontre du droit européen.
En outre, concentrer l’achat public sur un seul canal pose un risque pour la commande publique. Les échecs du projet de Transformation Numérique de la Commande Publique soulignent cette imprudence, avec 16,5 millions d’euros dépensés sans aucune avancée concrète.
Enfin, la nationalisation de la commande publique grèverait significativement les finances publiques. Le coût de fonctionnement de PLACE est environ 5 fois supérieur à celui des plateformes mutualistes.
En synthèse, l’article 4 du projet de loi SVE est néfaste pour l’économie française :
- Une simplification inefficace, éloignée des préoccupations des entreprises
- Une nationalisation de l’achat public, à l’encontre de l’autonomie des territoires
- Un monopole d’État menaçant l’innovation et les services pour les collectivités et les entreprises
- De nouvelles dépenses publiques pour financer le fonctionnement de la plateforme
- Une menace pour la French Tech
L’article 4 constitue une régression pour le secteur de la commande publique. Il ne simplifie rien et met en péril un écosystème aujourd'hui satisfaisant. Nous appelons à sa suppression et à ouvrir un véritable débat pour proposer des mesures porteuses pour la commande publique et de simplification pour les entreprises.
Frédéric CRAND - Directeur Général Adjoint - DEMATIS
Pascaline GOJIN - Présidente du Directoire - ACHATPUBLIC.COM
Roger-Yves PELLETRET - Président - ATLINE
Christophe GARDENT - Président - ACHAT SOLUTIONS
Simplification de la commande publique : Le législateur se trompe de combat !
Mesdames et Messieurs les Députés, La loi de simplification de la vie économique (SVE) vise à alléger les procédures administratives et économiques pour les entreprises. Dans le Titre III, l’article 4 propose de rendre la plateforme de commande publique de l’État, PLACE, obligatoire pour les établissements publics, tout en offrant un accès « gratuit » à cette plateforme. Ce dispositif entrainerait des effets préjudiciables pour l’économie française sans rien résoudre des difficultés des entreprises pour accéder à la commande publique.
Lire plusAchat et commande publics : on continue de vivre une époque formidable
Les années passent et se ressemblent… cette nouvelle année qui s’ouvre pour la commande publique s’accompagne, comme toujours, d’interrogations sur ce qui attend les acheteurs et la sauce à laquelle ils vont pouvoir être mangés. Les deux décrets 2024-1217 et 2024- 1251 publiés les 28 et 30 décembre derniers ont à la fois clôturé l’année passée et donné le la pour celle à venir : l’évolution des textes est et va rester constante, un peu comme un pendule de Foucault et son éternel mouvement. Bien sûr, dès lors que ces évolutions sont motivées par des intentions louables, comme celle de la simplification des règles, elles ne sont pas contestables en soi ; même si on a ici et là la désagréable impression qu’on a de plus en plus tendance à s’éloigner de l’acte d’achat proprement dit, avec ses objectifs d’efficacité et de bonne gestion de l’argent public, au bénéfice d’autres objectifs dont celui de la protection de l’environnement et du développement durable.
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L’année 2024 est très certainement prometteur pour l’achat public. Grace à des formations initiales et continues qui ne cessent de se développer, la professionnalisation des acheteurs est réellement en marche. Ayant pris pleinement conscience de son impact économique et par la même social - l’achat public de travaux fournitures et services représentant en moyenne 20% de leur budget- de plus en plus de structures publiques et para publiques ont mis en place de véritables services dédiés à ce qu’il convient de considérer comme un puissant levier des politiques publiques. Gageons que cette année verra se prolonger des réflexions et débats déjà entamés sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’achat public, la cybercriminalité et la protection des données personnelles dans l’acte d’achat, l’extension de la location au détriment de l’achat proprement dit, l’instrumentalisation des ces quelques dizaines de milliards d’euros annuels au service de différentes politiques dont la souveraineté nationale et -ce n’est à priori pas antinomique- la protection de la planète…
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